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mercredi 10 février 2010

La Chine sous un signe blanc

Déjà quatre mois de Chine. Bilan ? Beaucoup de blanc !

Ma Chine trois fois blanche.
Quand je débarque à Pékin, la neige la plus précoce depuis 40 ans recouvre la ville. La municipalité lance le chauffage deux semaines plus tôt que prévu. Cela ne me concerne pas : je n’ai pas de chauffage. Emerveillé, de longues heures de marche me font arpenter une ville nouvelle, transcendée par la blancheur : entre les blocs de HLM et les monuments en faux-vieux, le long des boulevards deux fois haussmanniens et des ruelles délabrées, la ville retrouve une unité qu'on n'attendait plus.
Je quitte la Chine pour Noël. Entre temps, les rues ont retrouvé leur belle couleur gris gadoue. A mon retour, la neige à nouveau couvre Pékin, et une armée de balayeurs s’affaire pour déblayer les rues (que font-ils le reste de l’année ?). Des semaines après les chutes de neige, la même armée décimée charrue des pelletées de terre glacée de place en place, selon une logique impénétrable aux œillères occidentales. Et quand cette neige a disparu, je vais la chercher plus loin.
Enfin, à mi-séjour, la nuit même qui suit le jour où j’emménage dans un Siheyuan rue du Manteau de Paille, la neige tombe une troisième fois. Je n’ai pas d’eau – canalisations gelées - mais j’ai de la neige.

La grande Chine trois fois blanche
Admirez la transition légère: après ma vie et mon petit chez moi, les sept cent millions de Chinois.

Il y a la vieille Chine aux cheveux blanchis par les cinq mille d’histoire qu’elle s’attribue. Chez chaque Pékinois, riche ou pauvre, instruit ou pas, la même fierté d’être chinois. Quand son vélo passe au pied de la Tour du Tambour, l’heure qui était battue du temps des Song l’est toujours pour lui; sur les rives du parc Beihai, les pierres sont les mêmes qu’ont foulées les Empereurs. Le temps importe peu, l'authenticité est une convention, un édit.

Il y a la Chine aussi qui découvre la culpabilité et se veut blanche des accusations que lance l’Occident. Nous ne savons que copier, jamais inventer ? Nous inondons les quatre mers de produits faits à bas coûts ? Nous négligeons l’avenir de la planète ? Ou tout simplement nous ne sommes pas les premiers, pas les meilleurs ? A charge pour l’avenir de l’innocenter.

Il y a la Chine enfin tout à écrire, la Chine comme une page blanche : à chaque Empereur tombé, le suivant récrit l’Histoire; à la Chine d’aujourd’hui de prendre la plume, ou plutôt le stylo à bille, faut pas rêver. Après une période d’éclipse, la Chine se sent renaître à une nouvelle prospérité, en marche vers le progrès. Lui sera-t-il facile d'assimiler les trois piliers de l'Occident: consommation, virtualité et sexualité épanouies ? Ou bien les efforts conjugués du clown Ronald Macdonald, de Johnny Halliday et de Toto à l’école l’en empêcheront-ils ? Question ouverte.

Ce soir
A la nuit tombée, la neige tombe, je tombe de fatigue. Sur l’immensité neigeuse du lac du Nord, un cygne blanc prend son envol.

La Chine sous un signe blanc

Déjà quatre mois de Chine. Bilan ? Beaucoup de blanc !

Ma Chine trois fois blanche.
Quand je débarque à Pékin, la neige la plus précoce depuis 40 ans recouvre la ville. La municipalité lance le chauffage deux semaines plus tôt que prévu. Cela ne me concerne pas : je n’ai pas de chauffage. Emerveillé, de longues heures de marche me font arpenter une ville nouvelle, transcendée par la blancheur : entre les blocs de HLM et les monuments en faux-vieux, le long des boulevards deux fois haussmanniens et des ruelles délabrées, la ville retrouve une unité qu'on n'attendait plus.
Je quitte la Chine pour Noël. Entre temps, les rues ont retrouvé leur belle couleur gris gadoue. A mon retour, la neige à nouveau couvre Pékin, et une armée de balayeurs s’affaire pour déblayer les rues (que font-ils le reste de l’année ?). Des semaines après les chutes de neige, la même armée décimée charrue des pelletées de terre glacée de place en place, selon une logique impénétrable aux œillères occidentales. Et quand cette neige a disparu, je vais la chercher plus loin.
Enfin, à mi-séjour, la nuit même qui suit le jour où j’emménage dans un Siheyuan rue du Manteau de Paille, la neige tombe une troisième fois. Je n’ai pas d’eau – canalisations gelées - mais j’ai de la neige.

La grande Chine trois fois blanche
Admirez la transition légère: après ma vie et mon petit chez moi, les sept cent millions de Chinois.

Il y a la vieille Chine aux cheveux blanchis par les cinq mille d’histoire qu’elle s’attribue. Chez chaque Pékinois, riche ou pauvre, instruit ou pas, la même fierté d’être chinois. Quand son vélo passe au pied de la Tour du Tambour, l’heure qui était battue du temps des Song l’est toujours pour lui; sur les rives du parc Beihai, les pierres sont les mêmes qu’ont foulées les Empereurs. Le temps importe peu, l'authenticité est une convention, un édit.

Il y a la Chine aussi qui découvre la culpabilité et se veut blanche des accusations que lance l’Occident. Nous ne savons que copier, jamais inventer ? Nous inondons les quatre mers de produits faits à bas coûts ? Nous négligeons l’avenir de la planète ? Ou tout simplement nous ne sommes pas les premiers, pas les meilleurs ? A charge pour l’avenir de l’innocenter.

Il y a la Chine enfin tout à écrire, la Chine comme une page blanche : à chaque Empereur tombé, le suivant récrit l’Histoire; à la Chine d’aujourd’hui de prendre la plume, ou plutôt le stylo à bille, faut pas rêver. Après une période d’éclipse, la Chine se sent renaître à une nouvelle prospérité, en marche vers le progrès. Lui sera-t-il facile d'assimiler les trois piliers de l'Occident: consommation, virtualité et sexualité épanouies ? Ou bien les efforts conjugués du clown Ronald Macdonald, de Johnny Halliday et de Toto à l’école l’en empêcheront-ils ? Question ouverte.

Ce soir
A la nuit tombée, la neige tombe, je tombe de fatigue. Sur l’immensité neigeuse du lac du Nord, un cygne blanc prend son envol.

La Chine sous un signe blanc

Déjà quatre mois de Chine. Bilan ? Beaucoup de blanc !

Ma Chine trois fois blanche.
Quand je débarque à Pékin, la neige la plus précoce depuis 40 ans recouvre la ville. La municipalité lance le chauffage deux semaines plus tôt que prévu. Cela ne me concerne pas : je n’ai pas de chauffage. Emerveillé, de longues heures de marche me font arpenter une ville nouvelle, transcendée par la blancheur : entre les blocs de HLM et les monuments en faux-vieux, le long des boulevards deux fois haussmanniens et des ruelles délabrées, la ville retrouve une unité qu'on n'attendait plus.
Je quitte la Chine pour Noël. Entre temps, les rues ont retrouvé leur belle couleur gris gadoue. A mon retour, la neige à nouveau couvre Pékin, et une armée de balayeurs s’affaire pour déblayer les rues (que font-ils le reste de l’année ?). Des semaines après les chutes de neige, la même armée décimée charrue des pelletées de terre glacée de place en place, selon une logique impénétrable aux œillères occidentales. Et quand cette neige a disparu, je vais la chercher plus loin.
Enfin, à mi-séjour, la nuit même qui suit le jour où j’emménage dans un Siheyuan rue du Manteau de Paille, la neige tombe une troisième fois. Je n’ai pas d’eau – canalisations gelées - mais j’ai de la neige.

La grande Chine trois fois blanche
Admirez la transition légère: après ma vie et mon petit chez moi, les sept cent millions de Chinois.

Il y a la vieille Chine aux cheveux blanchis par les cinq mille d’histoire qu’elle s’attribue. Chez chaque Pékinois, riche ou pauvre, instruit ou pas, la même fierté d’être chinois. Quand son vélo passe au pied de la Tour du Tambour, l’heure qui était battue du temps des Song l’est toujours pour lui; sur les rives du parc Beihai, les pierres sont les mêmes qu’ont foulées les Empereurs. Le temps importe peu, l'authenticité est une convention, un édit.

Il y a la Chine aussi qui découvre la culpabilité et se veut blanche des accusations que lance l’Occident. Nous ne savons que copier, jamais inventer ? Nous inondons les quatre mers de produits faits à bas coûts ? Nous négligeons l’avenir de la planète ? Ou tout simplement nous ne sommes pas les premiers, pas les meilleurs ? A charge pour l’avenir de l’innocenter.

Il y a la Chine enfin tout à écrire, la Chine comme une page blanche : à chaque Empereur tombé, le suivant récrit l’Histoire; à la Chine d’aujourd’hui de prendre la plume, ou plutôt le stylo à bille, faut pas rêver. Après une période d’éclipse, la Chine se sent renaître à une nouvelle prospérité, en marche vers le progrès. Lui sera-t-il facile d'assimiler les trois piliers de l'Occident: consommation, virtualité et sexualité épanouies ? Ou bien les efforts conjugués du clown Ronald Macdonald, de Johnny Halliday et de Toto à l’école l’en empêcheront-ils ? Question ouverte.

Ce soir
A la nuit tombée, la neige tombe, je tombe de fatigue. Sur l’immensité neigeuse du lac du Nord, un cygne blanc prend son envol.

lundi 25 janvier 2010

Pour une godille avec toi

Samedi dernier, on se prend pour des Lyonnais, des gens pour qui le ski est un peu comme un balade à Fontainebleau, avec le Mont-Blanc remplaçant l'ombre de Napoléon. Réservation express, à 8h30 la navette part pour Nanshan, à 10h on pourrait se dire au pied des pistes si seulement on voyait dans quelle direction il faut regarder. On se retrouve là:

La location du matériel se fait à la chinoise, c'est-à-dire dans un vrai souci de concurrence à un seul acteur. Skis, forfait, combinaison, lunettes se louent au même guichet pour un prix presque forfaitaire. Dans un grand hall, on perçoit l'ensemble, préréglé, prêt à skier.

Pour ceux qui veulent plus de six pistes, qu'ils se souviennent du brouillard alpin et qu'ils soupirent:
D'en haut (si je puis dire...), on plonge sur la ville qui bourgeonne de nouveaux immeubles. Toutes les montagnes alentour sont vierges de neige et s'étagent en écrans jusqu'à l'horizon.
La neige qui couvre la station de ski a-t-elle été ramenée à la pelle par de courageux employés municipaux? En effet, pas de canon par chez nous.

Cette impression de facilité est étonnante: dans l'espace d'une journée, tout est mis en oeuvre dans ce beau pays pour un loisir démocratique et universel. Et n'oublions pas, au sommet de la station, la pagode de rigueur.

Pour une godille avec toi

Samedi dernier, on se prend pour des Lyonnais, des gens pour qui le ski est un peu comme un balade à Fontainebleau, avec le Mont-Blanc remplaçant l'ombre de Napoléon. Réservation express, à 8h30 la navette part pour Nanshan, à 10h on pourrait se dire au pied des pistes si seulement on voyait dans quelle direction il faut regarder. On se retrouve là:

La location du matériel se fait à la chinoise, c'est-à-dire dans un vrai souci de concurrence à un seul acteur. Skis, forfait, combinaison, lunettes se louent au même guichet pour un prix presque forfaitaire. Dans un grand hall, on perçoit l'ensemble, préréglé, prêt à skier.

Pour ceux qui veulent plus de six pistes, qu'ils se souviennent du brouillard alpin et qu'ils soupirent:
D'en haut (si je puis dire...), on plonge sur la ville qui bourgeonne de nouveaux immeubles. Toutes les montagnes alentour sont vierges de neige et s'étagent en écrans jusqu'à l'horizon.
La neige qui couvre la station de ski a-t-elle été ramenée à la pelle par de courageux employés municipaux? En effet, pas de canon par chez nous.

Cette impression de facilité est étonnante: dans l'espace d'une journée, tout est mis en oeuvre dans ce beau pays pour un loisir démocratique et universel. Et n'oublions pas, au sommet de la station, la pagode de rigueur.

Pour une godille avec toi

Samedi dernier, on se prend pour des Lyonnais, des gens pour qui le ski est un peu comme un balade à Fontainebleau, avec le Mont-Blanc remplaçant l'ombre de Napoléon. Réservation express, à 8h30 la navette part pour Nanshan, à 10h on pourrait se dire au pied des pistes si seulement on voyait dans quelle direction il faut regarder. On se retrouve là:

La location du matériel se fait à la chinoise, c'est-à-dire dans un vrai souci de concurrence à un seul acteur. Skis, forfait, combinaison, lunettes se louent au même guichet pour un prix presque forfaitaire. Dans un grand hall, on perçoit l'ensemble, préréglé, prêt à skier.

Pour ceux qui veulent plus de six pistes, qu'ils se souviennent du brouillard alpin et qu'ils soupirent:
D'en haut (si je puis dire...), on plonge sur la ville qui bourgeonne de nouveaux immeubles. Toutes les montagnes alentour sont vierges de neige et s'étagent en écrans jusqu'à l'horizon.
La neige qui couvre la station de ski a-t-elle été ramenée à la pelle par de courageux employés municipaux? En effet, pas de canon par chez nous.

Cette impression de facilité est étonnante: dans l'espace d'une journée, tout est mis en oeuvre dans ce beau pays pour un loisir démocratique et universel. Et n'oublions pas, au sommet de la station, la pagode de rigueur.

mercredi 6 janvier 2010

Il paraît ... qu'il fait froid et qu'il neige à Pékin


Diable, diable ! dit-il en se grattant le pied;
Pour un peu on s'croirait à Serre-Chevalier !

Il paraît ... qu'il fait froid et qu'il neige à Pékin


Diable, diable ! dit-il en se grattant le pied;
Pour un peu on s'croirait à Serre-Chevalier !

Il paraît ... qu'il fait froid et qu'il neige à Pékin


Diable, diable ! dit-il en se grattant le pied;
Pour un peu on s'croirait à Serre-Chevalier !

dimanche 13 décembre 2009

Snowstalgie


Quantité de vélos et de motos garés comme chaque jour au pied de mon immeuble. Souvenir de novembre dernier, où soudain une couche de neige les enveloppait.

Snowstalgie


Quantité de vélos et de motos garés comme chaque jour au pied de mon immeuble. Souvenir de novembre dernier, où soudain une couche de neige les enveloppait.

Snowstalgie


Quantité de vélos et de motos garés comme chaque jour au pied de mon immeuble. Souvenir de novembre dernier, où soudain une couche de neige les enveloppait.

mercredi 11 novembre 2009

Morceau de Russie


Pour Dimitri et Laurence... Sur la "Rue des fantômes", encadré par des dizaines de restaurants chinois clones les uns des autres, un petit restaurant russe promène ses bariolages et son originalité chatoyante. Enfin quelqu'un que la neige semble réjouir !

Morceau de Russie


Pour Dimitri et Laurence... Sur la "Rue des fantômes", encadré par des dizaines de restaurants chinois clones les uns des autres, un petit restaurant russe promène ses bariolages et son originalité chatoyante. Enfin quelqu'un que la neige semble réjouir !

Morceau de Russie


Pour Dimitri et Laurence... Sur la "Rue des fantômes", encadré par des dizaines de restaurants chinois clones les uns des autres, un petit restaurant russe promène ses bariolages et son originalité chatoyante. Enfin quelqu'un que la neige semble réjouir !

mardi 3 novembre 2009

Pekin sous un manteau de neige

Samedi soir, Halloween au Yen. La soirée se termine tard. Quand je sors du club, une fine couche de neige recouvre les voitures garées entre les entrepôts sombres et des flocons se prennent dans mes cheveux. A l'entour, des Austin power et des Geisha, des Swat américains et des infirmières sexy, dans leurs costumes usés par la nuit, gesticulent et conciliabulent. Pas de taxi pour rentrer; je grelotte dans le vent et le froid saisissant.

Puis je marchais entre usines et galeries d'art, sans croiser âme qui vive. De loin en loin, des réverbères jetaient une clarté jeune sur les trottoirs sales. Au-dessus des devantures éteintes, je lus "Galerie d'art" ou "Université d'électro-optique". Parfois, une sculpture s'élevait au coin d'une grille - figure grimaçante en couleurs acides ou formes d'acier pointues et déchirées. Le silence était irréel, le temps était absent.

Le lendemain, Pékin est blanc.

Les arbres encore verts ploient sous le faix de la neige. Sur les trottoirs, des branches par dizaines jonchent le sol (sur qui sont-elles tombées?). Une armée de factotums, sortie de nulle part, s'affaire à dégager les branches et secouer les arbres.

Devant le centre commercial, des balayeuses ramassent la neige en tas, emmitouflées pour résister au froid et aux flocons qui tombent sans discontinuer. Elles s'adaptent indifféremment au flot des passants, et ne semblent pas soucieuses de l'utilité de leur travail toujours recommencé.

 La plupart des Pékinois prennent la situation avec philosophie - le gouvernement chinois n'a-t-il pas annoncé avoir provoqué la neige à dessein? Sur leurs vélos et tricycles habituels, anorak et bonnet de rigueur, ils vaquent dans la cohue coutumière.

 Mais dans les parcs publics, les appareils de musculation, jaunes et bleus, sont laissés à l'abandon, entourés de neige vierge. Une seule personne pratique encore ses exercices matinaux de Taichichuan.

Pekin sous un manteau de neige

Samedi soir, Halloween au Yen. La soirée se termine tard. Quand je sors du club, une fine couche de neige recouvre les voitures garées entre les entrepôts sombres et des flocons se prennent dans mes cheveux. A l'entour, des Austin power et des Geisha, des Swat américains et des infirmières sexy, dans leurs costumes usés par la nuit, gesticulent et conciliabulent. Pas de taxi pour rentrer; je grelotte dans le vent et le froid saisissant.

Puis je marchais entre usines et galeries d'art, sans croiser âme qui vive. De loin en loin, des réverbères jetaient une clarté jeune sur les trottoirs sales. Au-dessus des devantures éteintes, je lus "Galerie d'art" ou "Université d'électro-optique". Parfois, une sculpture s'élevait au coin d'une grille - figure grimaçante en couleurs acides ou formes d'acier pointues et déchirées. Le silence était irréel, le temps était absent.

Le lendemain, Pékin est blanc.

Les arbres encore verts ploient sous le faix de la neige. Sur les trottoirs, des branches par dizaines jonchent le sol (sur qui sont-elles tombées?). Une armée de factotums, sortie de nulle part, s'affaire à dégager les branches et secouer les arbres.

Devant le centre commercial, des balayeuses ramassent la neige en tas, emmitouflées pour résister au froid et aux flocons qui tombent sans discontinuer. Elles s'adaptent indifféremment au flot des passants, et ne semblent pas soucieuses de l'utilité de leur travail toujours recommencé.

 La plupart des Pékinois prennent la situation avec philosophie - le gouvernement chinois n'a-t-il pas annoncé avoir provoqué la neige à dessein? Sur leurs vélos et tricycles habituels, anorak et bonnet de rigueur, ils vaquent dans la cohue coutumière.

 Mais dans les parcs publics, les appareils de musculation, jaunes et bleus, sont laissés à l'abandon, entourés de neige vierge. Une seule personne pratique encore ses exercices matinaux de Taichichuan.

Pekin sous un manteau de neige

Samedi soir, Halloween au Yen. La soirée se termine tard. Quand je sors du club, une fine couche de neige recouvre les voitures garées entre les entrepôts sombres et des flocons se prennent dans mes cheveux. A l'entour, des Austin power et des Geisha, des Swat américains et des infirmières sexy, dans leurs costumes usés par la nuit, gesticulent et conciliabulent. Pas de taxi pour rentrer; je grelotte dans le vent et le froid saisissant.

Puis je marchais entre usines et galeries d'art, sans croiser âme qui vive. De loin en loin, des réverbères jetaient une clarté jeune sur les trottoirs sales. Au-dessus des devantures éteintes, je lus "Galerie d'art" ou "Université d'électro-optique". Parfois, une sculpture s'élevait au coin d'une grille - figure grimaçante en couleurs acides ou formes d'acier pointues et déchirées. Le silence était irréel, le temps était absent.

Le lendemain, Pékin est blanc.

Les arbres encore verts ploient sous le faix de la neige. Sur les trottoirs, des branches par dizaines jonchent le sol (sur qui sont-elles tombées?). Une armée de factotums, sortie de nulle part, s'affaire à dégager les branches et secouer les arbres.

Devant le centre commercial, des balayeuses ramassent la neige en tas, emmitouflées pour résister au froid et aux flocons qui tombent sans discontinuer. Elles s'adaptent indifféremment au flot des passants, et ne semblent pas soucieuses de l'utilité de leur travail toujours recommencé.

 La plupart des Pékinois prennent la situation avec philosophie - le gouvernement chinois n'a-t-il pas annoncé avoir provoqué la neige à dessein? Sur leurs vélos et tricycles habituels, anorak et bonnet de rigueur, ils vaquent dans la cohue coutumière.

 Mais dans les parcs publics, les appareils de musculation, jaunes et bleus, sont laissés à l'abandon, entourés de neige vierge. Une seule personne pratique encore ses exercices matinaux de Taichichuan.